Eternal Sunshine of the Spotless Mind

La Mémoire Des Jours.

Ca fait un petit moment que je n’ai pas écrit ici, je sais pas. Même pas manque de temps, mais tout file si vite. Graver dans les mots reste si solennel. Peut-être pas envie de ça. Juste d’apprécier les sourires, le soleil et ce présent.

Mais aujourd’hui c’est le 8 mai. Je plains ceux (plutôt celles !) qui me connaissent parce que je répète les mêmes discours en boucle, et je n’en démords pas.

Mais aujourd’hui c’est le 8 mai. Mélie, Smooth, passez tout ça, vous devez connaître par cœur. Ou presque. Aujourd’hui j’étais avec mon grand-père. C’est rare, le 8 mai. Heure par heure, il commentait ce qui s’est passé il y a 61 ans, les larmes aux yeux, comme toujours. L’arrivée des Soviétiques, puis des Américains dans la petite province autrichienne où il était prisonnier. Les cigarettes échangées, les pleurs, l’espoir. Ses mots sont si précieux. Il répète les mêmes phrases à chaque repas, presque mécaniquement, les yeux toujours humides, mais je ne parviens pas à lui en vouloir. J’ai l’estomac noué, la gorge serrée. Je pense à eux.

J’ai ces souvenirs qui me hantent, ces visages qui se superposent, une réalité à laquelle j’ai participé. L’année dernière. Ces déportés et ces numéros gravés dans la chair, ces gens qui racontaient la mort de leurs meilleurs amis. « Elle est morte comme une bougie s’éteint, d’un seul coup ». D’un seul coup, oui. Après des années d’horreur. Je n’ai pas pu lire un seul bouquin sur la seconde guerre mondiale depuis un an. Je n’ai jamais pu écrire le compte-rendu qu’attend mon prof depuis des mois. Parce que je n’en suis plus capable.

Je pense à eux, je pense aux autres, et mon regard reste inlassablement embué. C’est si étrange. Je ne parviens pas à détacher mes pensées de cette réalité, de ce passé, de ces morts. Parce qu’ils sont bien morts.

La vérité, et je ne l’ai jamais avoué à personne, c’est que j’ai peur de me réveiller un jour en me rendant compte que je suis raciste ou antisémite. Ou les deux. C’est vrai, imaginez. Je prends ce sujet tellement à cœur que c’est peut-être pour rejeter ce fond abject de racisme qui existe en moi ? Est-ce que c’est possible ? Peut-être suis-je sans en avoir encore conscience un de ces monstres écoeurants ? C’est une crainte qui ne me quitte pas. Ces gens que je déteste, peut-être sont-ils mes semblables, et rien d’autre.

On est le 8 mai. Et comme chaque 8 moi, j’me sens un peu à côté de la plaque. J’ai du mal à saisir cet élan qui m’anime, presque anachronique. C’en devient ridicule. Mais on est le 8 mai, et aujourd’hui, mon grand-père est mon héros.

 

C'est un trou de verdure où chante une rivière,

Accrochant follement aux herbes des haillons

D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,

Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,

Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Le Dormeur Du Val, Rimbaud

 

Listening To : Clarika - Un Oranger

Humeur : à côté de 2006

3 Commentaires 8.5.06 21:39, Commenter

You're My Playground Love.

Je suis inscrite. Voilà. Après une crise de tétanie, et des nuits d’insomnie.
Est-ce le tourbillon dont j’aimerais rêver ? Est-ce la vague qui va m’emporter un peu plus près du rivage ? Vais-je m’y écrouler comme un vivant destiné à rester cadavre ?
Pour la première fois de ma vie, j’ai pris une décision. Une vraie. Quelque chose qui reste, qui va laisser une trace, gravé, quelque part, même si, je sais, « c’est pas irrémédiable », même si je joue « pas ma vie ». Un peu, quand même. Je sais pas, j’ai l’impression d’être responsable de quelque chose que je ne suis capable ni d’accepter, ni d’apprivoiser, ni de comprendre. Tout me paraît tellement loin, et puis, finalement, je sais que c’est demain.
Qu’après quelques rayons de soleil, quelques rires, quelques pleurs, on y sera. Un pied, et puis l’autre. Je ne sais pas si je vais grandir, je ne sais pas si j’y parviendrai. J’ai l’impression de rester prisonnière d’un corps, d’être la même, toujours. Juste la même. De ne pas évoluer, de stagner. Je vois les autres qui grandissent, qui deviennent tellement mieux, tellement tout. Et moi qui reste là, comme tétanisée par le monde qui m’entoure, qui ne suis pas capable ni de prendre une décision, ni de changer. Ou alors, en mal.
Le 10, c’est drôle, moi aussi, j’ai trouvé que vous étiez tous grands. Ils étaient tous là, comme irréels, et je me suis revue toute petite. Pour finalement comprendre que je l’étais toujours. Qu’on m’avait juste donné l’illusion d’une adolescence formatrice et bouleversée. Ils ont 18 ans, maintenant, ils sont tous si bien. Juste bien. Et j’avais l’impression d’étouffer, de m’enliser, d’être prisonnière de moi-même. Parce qu’au fond, on le sait, que je suis juste la même. « Tu n’as pas changé ». Je sais. Pas changé. Je me vois, il y a cinq ans, à regarder le garçon blond de ma classe et à aligner des mots ridicules qui ne me mènent à rien. Et, en fait. En fait, je suis pareille. Juste pareille. Un calque avec quelques centimètres, quelques années,  et quelques kilos de plus. Voilà. Mais rien d’autre. Tout est vide. Tout transparaît. Tout est clair, parce que les seules choses qui changent ne sont pas celles qui devraient changer. Tout ce qui doit, normalement, évoluer, chez quelqu’un, n’a pas bougé, chez moi. Je n’écris pas ça pour qu’on me dise le contraire. Je le sens. Comme ça.
On peut même dire que c’est drôle, je crois.
Après tout, rester prisonnière d’une cour de récré au collège, c’est tellement absurde qu’on en rit, forcément ….

Et je retire ce que je dis …. Mélanie Thierry n’est pas du tout vulgaire. Elle est même vraiment jolie. Et elle ne joue pas que dans des navets. Elle joue aussi dans Le Vieux Juif Blonde que je rêverais d’aller voir au théâtre. Elle semble comme appartenir à un autre univers, à quelque chose de diffus et de très beau, en même temps.

 

 

    O fins d'automne, hivers, printemps trempés de boue,
    Endormeuses saisons ! je vous aime et vous loue
    D'envelopper ainsi mon cœur et mon cerveau
    D'un linceul vaporeux et d'un brumeux tombeau.
       
    Dans cette grande plaine où l'autan froid se joue,
    Où par les longues nuits la girouette s'enroue,
    Mon âme mieux qu'au temps du tiède renouveau
    Ouvrira largement ses ailes de corbeau.
      
    Rien n'est plus doux au cœur plein de choses funèbres,
    Et sur qui dès long-temps descendent les frimas,
    O blafardes saisons, reines de nos climats !
       
    Que l'aspect permanent de vos pâles ténèbres,
    — Si ce n'est par un soir sans lune, deux à deux,
    D'endormir la douleur sur un lit hasardeux

(Baudelaire, Brumes & Pluies)
 

 

 

Humeur : dubitative
Bande-Son : The Go-Betweens – Was There Anything I Could Do ?

1 Commentaire 22.3.06 17:59, Commenter

Nicotine & Bacteria

  Il y a des jours qu’on n’oublie pas. On les met dans un coin, ils nous blessent, ou pas. Ils nous touchent. On les garde sans même le savoir, parfois. Ils se font tout petits, tout, tout petits, et ils explosent, un jour ou l’autre, dans toute leur fureur et leur folie. Ils se crèvent, petit à petit, abcès purulents qu’on avait rejetés. Ils font mal, ils font perler au coin des yeux, parce que rien n’est plus beau ni plus douloureux qu’un souvenir. J’ai toujours vécu dans mon passé, je me refuse à plonger à corps perdu dans un futur. Lui trop difficile, moi trop lâche. Je ne sais pas quel a été le plus beau jour de ma vie, ni le pire. Je crois. Mais je me souviens. Parfois, disais-je, ça explose. Une splendeur dont les couleurs sont plus vivaces chaque fois. Elles éblouissent, elles poignardent, elles éclairent. Elles soulèvent le cœur, souvent. On les oubliait, on les écorchait, et on comprend finalement que rien n’est plus vivant que ces souvenirs, que ces mémoires qu’on rejetait et qui reviennent. Il y a des jours que je garderai à jamais. Tellement. Ces images qui se superposent, qu’on croyait jaunies. Je vis en eux, parfois, c’est vrai. Trop souvent je me tourne vers leur reflet, pour m’y noyer. Et leur marque dans le temps reste là, inlassablement, invariablement, comme autant de repères . . . . comme autant de phares qui me rappellent ce que je voulais être, ce que j’ai été, ce que j’ai appris. Ou pas. Ce dans quoi je suis retombée comme une petite fille stupide. Ce que j’espérais, ce que j’ai perdu. Ce qui s’est envolé. Je vis dans les remords. Je vis dans les regrets. De ce qui est passé. Le 26 septembre 2003, 17 juin 2002, le 29 mars 2004, le 18 janvier 2006, le 14 janvier 99, le 21 mars 2004, le 1 juillet 2004, le 21 septembre 2005, le 10 février 2006, le 18 mars 2004, le 10 mai 2003, le 25 novembre 2005, le 17 juillet 2005, le 20 juin 2004, le 17 octobre 2001, …. Tant d’autres encore. Tellement.

Je sais que c’est ridicule, cette mémoire idiote qui garde des chiffres, qui les digère, qui les garde au chaud alors qu’ils sont douloureux, parfois. Parfois seulement. C’est un système qui me broie, mais sans lequel je n’existerais plus. Je n’existerais pas.

 

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   « Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,     Au fond d'un monument construit en marbre noir,     Et lorsque tu n'auras pour alcôve et manoir     Qu'un caveau pluvieux et qu'une fosse creuse ;           Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse     Et tes flancs qu'assouplit un charmant nonchaloir,     Empêchera ton cœur de battre et de vouloir,     Et tes pieds de courir leur course aventureuse,              Le tombeau, confident de mon rêve infini,     — Car le tombeau toujours comprendra le poète, —     Durant ces grandes nuits d'où le somme est banni,            Te dira : « Que vous sert, courtisane imparfaite,     De n'avoir pas connu ce que pleurent les morts ? »     — Et le ver rongera ta peau comme un remords. »

(Baudelaire, Remords Posthume)

Bande-Son :  Placebo - Song To Say Goodbye

Humeur : Me Laisse Pas

4 Commentaires 10.3.06 23:04, Commenter

Carve Your Name Into My Arm

Peut-être, un jour, c’est vrai, je ne supporterai plus tes yeux sur moi, parce qu’ils me feront mal. Peut-être, un jour, je m’interdirai de penser à toi quand je me réveille. Peut-être qu’on écoutera les mêmes chansons, sans penser à l’autre. Peut-être que tu oublieras la pénombre. Peut-être que j’oublierai tous tes mots gentils. Peut-être, peut-être, qu’on se croisera dans les rues sans se dire bonjour. Peut-être, je vais pleurer en pensant à toi.


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J’oublierai ton odeur, et puis j’oublierai ton regard. Peut-être on rejouera Joel et Clémentine. En pire. Avec des cris, ou avec des sanglots. Ou avec les deux. Je ne pourrai plus te supporter, je ne pourrai plus te voir apparaître peu à peu dans mes yeux avec l’amour que je te porte. Peut-être que le moindre de tes mouvements me tuera, peu à peu, me brisera en deux. C’est vrai. Peut-être tu me critiqueras en riant, peut-être je t’accablerai des pires maux. Je serai peut-être cruelle, tu seras peut-être cynique. Je voudrai t’oublier, tu voudras me tuer.


Et mon regard ne se noiera plus dans tes gestes, et j’oublierai ton sourire. J’oublierai les heures qui s’écoulent si lentement. Peut-être, un jour, tu ne sauras plus qui je suis. Peut-être, un jour, je ne te comprendrai même plus. Je croiserai ton regard sans savoir.


Un jour, peut-être, tu ne me supporteras plus. Le moindre de mes gestes t’accablera. T’étouffera. Peut-être, c’est vrai, un jour, patienter ne servira plus à rien. Je saccagerai peut-être tout. Je ne parviendrai peut-être pas à rester presque digne. Peut-être je m’écroulerai devant toi comme un château de cartes en sursis, et tu n’auras même plus envie de me ramasser.


Peut-être on va souffrir. Peut-être je penserai de toi que tu es la pire horreur qui ne me soit jamais arrivée. Peut-être tu diras que j’étais la pire erreur qui te soit jamais arrivée. Peut-être j’aurai envie de te taper, de te hurler ma haine et ma rancune. Peut-être tu te retiendras de me balancer mes quatre vérités. Ou pas. C’est vrai.


 


Mais pas aujourd’hui.


Pas ce soir.


S’il vous plaît, pas demain …

5 Commentaires 8.1.06 18:21, Commenter

Time's running at full speed ....


2005, c’était . . . .


Des amis très très chouettes


Des garçons qui s’en vont


Un garçon qui s’en va


Un choc


Le Code


L’Irlande


Le whisky coca


L’Allemagne


La Guadeloupe


Des épreuves anticipées


Quelques réunions autour de pizzas


Des heures à l’Eden’s ou à Pause Café


Feist


The Beatles


The Killers


Rimbaud


Wilde


Une mini patinoire


Un séjour difficile à accepter


Une veste bleue


Un 2


La terminale


Plus de M. Vitzen


Quelques cigarettes


Des voitures qui brûlent, nécessairement


Un monde dans un drôle d’état


Du Nutella


Des Ferrero Rocher


Des achats en douce


La Locandiera


Des photos


Deux bugs


La conduite


Le salon de l’étudiant


Des écharpes


Des fiches de français


De la pâte Fimo


Des lentilles


Un spectacle de théâtre


Des enfants qui meurent


La philo


Deux bacs blancs


Des superstitions idiotes


Un mois de novembre pas très brillant


Roissy Charles de Gaulle


Le papier d’Arménie


Des fou-rires


Des pleurs, mais tellement moins


Et un garçon … un vrai garçon, gentil, et tout ça. Vraiment. On est mal.


.:. Happy New Year .:.


Gageons que 2006 soit … comme 2005, mais en mieux … =)


All the best



" Los petardos que borran sonidos de ayer
y acaloran el animo
para aceptar que ya, paso uno mas. " (Mecano) 


 

2 Commentaires 5.1.06 20:03, Commenter

Filles Perdues, Cheveux Gras ....


Quand t’as d’la peine, pense aux Kurdes, aux Tchétchènesfficeffice" />


Tes problèmes, à côté c’est d’la crème ....


Le malheur, fait un malheur partout


Le bonheur, finalement c’est chez nous.


Quand rien ne va, je pense à Diana


J'suis pas comme elle, j’verrai l’bout du tunnel ....


Le bonheur, c’est ici, pas ailleurs


Le bonheur, dans ma vie fait un malheur


 


Le Bonheeeeeeeeur !


A Kaboul, la mode c’est la cagoule


A Tchernobyl, y'a trois jambes aux blue-jeans


Le bonheur, c’est ici et pas ailleurs


Le bonheur, dans ma vie fait un malheur ....


 


Le Bonheeeeeeeeur !


 


Quand j’me trouve grosse, j’pense à Demis Roussos ....


Le bonheur, dans ma vie fait un malheur.


Le bonheur, dans ma vie fait un malheur.


Le bonheur, dans ma vie fait un malheur.


 


1 Commentaire 9.12.05 17:55, Commenter

Oh My Love ....


You Can Say He's A Dreamer ....

2 Commentaires 8.12.05 20:42, Commenter

Sometimes I Think of You.

Aujourd'hui j'ai parlé du Mercosur, de Gorbatchev, d'un garçon qui mangeait du gâteau au chocolat avec du ketchup.


Aujourd'hui ma main sent la cigarette et l'orange.


Aujourd'hui la nuit est vite tombée, et je me suis noyée dedans.


Aujourd'hui j'ai bu un café en m'extasiant devant la petite cuillère.


Aujourd'hui j'étais fatiguée, mais pas exténuée.


Aujourd'hui j'ai compris que j'avais été stupide, et que j'aurais commis une grosse erreur. Même si j'ai peur.


Aujourd'hui j'ai beaucoup ri et mangé de la pizza au chorizo.


Aujourd'hui, finalement, je crois que j'étais soulagée. J'ai fait un choix, certainement le bon. J'ai fait le choix d'y croire encore un peu, même si c'est douloureux. Advienne que pourra, tant pis si je dois me reconstruire. C'est fatiguant d'être de devoir faire attention, c'est fatiguant de le regarder comme s'il allait partir dans la seconde. Et aujourd'hui, je n'avais pas envie de me fatiguer. Non. Aujourd'hui ma main sent sa cigarette, et puis c'est tout.


2 Commentaires 6.12.05 19:16, Commenter

Ne Me Demande Pas .... Non Ne Me Demande Pas .... Je Sais Pas ....

Pourquoi Raphaël est magnifique ? Et pourquoi la fille dont il est amoureux paraît vulgaire et joue dans des navets ?fficeffice" />


Pourquoi mon petit cousin, qui a deux jours, s’appelle Nicolas ?


Pourquoi il ne neige pas ?


Pourquoi vais-je devoir conduire dans la pénombre ?


Pourquoi ce sommeil haché et entrecoupé d’éclairs ?


Pourquoi la culpabilité ?


Pourquoi Dieu est mort ?


Pourquoi cette écharpe me gratte le cou ?


Pourquoi la mythologie grecque est parvenue à visiter tous les méandres de la destinée humaine ?


Pourquoi les racistes se défendent systématiquement de l’être ?


Pourquoi je ne peux pas vivre dans un train ?


Pourquoi j’ai le droit de vivre, et certains le devoir de mourir ?


Pourquoi j’ai le droit de mourir, et certains le devoir de vivre ?


Pourquoi Chris Martin a une si jolie voix ?


Pourquoi vaut-il mieux avoir de la chance que du talent ?


Pourquoi ffice:smarttags" />la Vérité est toujours plus dure à apprivoiser ?


Pourquoi la logique n’est pas compatible avec l’homme ?


Pourquoi un cercle n’a pas de fin ?


Pourquoi le rire est plus acide que les pleurs ?


Pourquoi je n’aime pas la glace à la vanille ?


Pourquoi ?


Pourquoi ....



 


   «  Je suis la plaie et le couteau !
    Je suis le soufflet et la joue !
    Je suis les membres et la roue,
    Et la victime et le bourreau !   
   
    Je suis de mon cœur le vampire,
    — Un de ces grands abandonnés
    Au rire éternel condamnés,
    Et qui ne peuvent plus sourire !
 »


(Charles Baudelaire, L’Héautontimorouménos)


 

6 Commentaires 2.11.05 12:16, Commenter

Onze Etoiles au Clair de Terre ....

J’ai l’impression de me noyer dans des instants impalpables qui me submergent. J’ai l’impression de vivre quelque chose que jamais je ne pourrai comprendre. J’ai l’impression d’être quelqu’un d’autre que moi-même. Est-ce que tout se duplique en ce moment même sous mes yeux ? Je ne sais même plus à quelle réalité j’appartiens, je suis tiraillée entre des vérités que je ne parviens pas à dompter. Il y a ces images qui se déploient et qui se couchent sur moi comme un voile. Il y a ce poids qui m’assassine et que je voudrais tellement pouvoir repousser. Cette chose gluante qui m’enserre et m’étouffe. Je ne sais plus à qui j’appartiens, je ne sais plus si je suis moi-même encore vivante, encore capable de me comprendre. Encore capable de savoir si j’ai tort ou si j’ai raison. fficeffice" />


Je ne sais pas si ma décision est la bonne. C’est normal, puisque je ne l’ai pas encore prise.


Je ne sais même pas si j’ai encore à en prendre une.


Je n’en sais rien. Du tout. Du tout. Je n’ai jamais rien su sur moi, c’est vrai, mais j’ai la vague impression que ce soir, je ne sais même plus si ces doigts qui claquent sur les touches sont les miens. J’ai ce sanglot coincé dans la gorge qui ne demande qu’à bouger un peu, parce qu’il est bloqué. Je ne comprends même pas pourquoi il est là. C’est drôle, plus la vie est simple, plus on la croit compliquée.


A croire que l’être humain [comprendre moi] ne comprend rien à rien. A croire que le paradoxe de la nature humaine nous construit. A croire que nous ne sommes que ce paradoxe. Je ne vis qu’à travers cette ambivalence, je crois.


Je suis prise dans ce tourbillon qui me renverse et me retourne, qui me bouffe un peu, aussi, parce que les images qui se brouillent dans ma tête n’ont pas lieu d’être. Je ne vois plus correctement. Je ne vois plus rien. Tout ce qui auparavant m’apparaissait avec une telle distinction se fraie aujourd’hui une place dans les ombres d’un chemin que je ne connais même plus. Même pas. Je cours, je cours, je ne peux plus m’arrêter. Je crois que c’est cette vitesse qui me fait peur. Et mes ombres et mes reflets qui apparaissent, à mes côtés. Je tourne la tête et je crois me voir, aussi. Je ne suis pas certaine que ce soit moi. Je ne suis plus certaine de rien. De rien. Pas même de qui je suis. De combien je suis. De Rien.


 


« Or, je suis très vivant. Le vent qui vient m’envoie


Une odeur d’aubépine en fleur et de lilas,


Le bruit de mes baisers couvre le bruit des glas.


Ô lecteurs à venir, qui vivez dans la joie


Des seize ans, des lilas et des premiers baisers,


Vos amours font jouir mes os décomposés. »


(Charles Cros, Avenir)

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